Lectures du jour :

Première lecture : Jon 3,1-10 ;
Psaume 50,3-4.12-13.18-19 ;
Évangile : Lc 11,29-32.

Homélie :

« Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé... »
Deux expériences pour essayer de saisir ce qu'est ce cœur « brisé et broyé » du psaume 50 :
- Quand je tombe amoureux, il y a cet instant à la fois douloureux et délicieux où je sens que cette personne a transpercé les barrières de mon cœur pour le toucher directement, et où il y a cette décision à prendre : vais-je prendre le risque de la laisser toucher mon cœur ou bien vais-je refermer les défenses ? (Remarquez que, pour moi, la réponse devra être la seconde ! Pour une personne mariée aussi, sauf si la personne concernée est son épouse ou son époux : ça arrive !)
- Quand j'ai pris dans mes bras, lundi dernier, Claire, ma petite cousine d'un mois, qui pleurait de tout son cœur et que, tout à coup, elle est passée de la tension à l'abandon confiant dans mes bras en s'y endormant : cette confiance du petit enfant que l'on voudrait ne jamais blesser, jamais décevoir, jamais trahir... expérience que, peut-être, petit enfant, nous avons faite nous aussi dans les bras de Papa ou Maman : là aussi, il y a un risque d'être blessé, mais c'est si bon !...

Deux expériences qui nous font découvrir quelque chose de l'expérience des habitants de Ninive à la proclamation de Jonas : ce cœur brisé et broyé devant cet amour de Dieu ; et cette "expérience" de Dieu qui, enfin, cœur brisé et broyé lui aussi par leur attitude de retour confiant et amoureux à lui, peut donner libre cours à son amour.
Et moi, aujourd'hui, vais-je oser laisser Dieu toucher mon cœur, le laisser me donner cette blessure intime, douloureuse et délicieuse à la fois, qu'il veut me donner ?