Jusque là, j'avais été, pendant trois ans et cent trente-cinq articles, un séminariste blogueur. Ce qui fait en moyenne un article tous les quatre jours, dont je garde encore certains sous le coude parce qu'ils ne sont pas trop mauvais.

Ensuite, pendant trois cents soixante-quatre jours, j'ai été un diacre blogueur, avec quatre-vingts-six articles. Ce qui fait en moyenne un article tous les quatre jours et quart.

Depuis trois cents vingt-six jours, je suis un prêtre blogueur, avec cinquante-trois articles. Ce qui fait en moyenne un article tous les six jours, sachant que vingt-sept ont été des homélies préparées d'abord pour les dire dans ma paroisse, ce qui revient à un article "réel" tous les... douze jours. Je ne pensais pas, à vrai dire, qu'il y en eût autant !

Prêtre, je le suis. Je désire l'être de tout mon cœur, de toutes mes faiblesses, de tout mon être. La grâce trouve encore tant de résistances ! Mais je suis prêtre, et c'est toute ma vie.
Depuis huit mois maintenant, je découvre la vie en paroisse, les exigences du ministère, la disponibilité de tous les instants (et c'est encore un désir... on fait ce que l'on peut !), les - souvent - trois messes par dimanche, la messe et la prédication quotidiennes, l'aumônerie, les maisons de retraite, le catéchisme, les scouts... la joie renouvelée de célébrer la messe malgré mon indignité ; la joie, encore plus grande s'il est possible, de célébrer souvent le sacrement de la miséricorde de Dieu. La joie d'accompagner des jeunes et des moins jeunes, jusqu'à des très anciens, dans leur vie chrétienne, dans leur vie humaine tout simplement - parce que ceux qui croient qu'il n'y a que des chrétiens qui viennent voir un prêtre ou que le prêtre ne reste qu'avec ses paroissiens se trompent !
Je découvre aussi les épreuves, la solitude parfois, bien que je sois entouré de paroissiens qui prennent grand soin de leurs prêtres, Dieu soit loué ! Le célibat qu'il faut assumer, la fatigue, les limites bien humaines, un équilibre de vie à trouver quand on est pris tous les soirs de la semaine et que l'on prend un repas sur deux ailleurs qu'au presbytère (et je ne m'en plains pas, quelle joie encore !).
Bref, la joie d'être prêtre. Une joie profonde, pas toujours ressentie, mais au cœur de toute ma vie. 

Blogueur, en revanche...
Franchement, j'ai du mal. Nous ne cacherons pas que FaceBook n'aide pas à prendre son clavier pour écrire un long article, mais le problème n'est pas que celui-ci : pour écrire, il faut du temps, et il faut une nourriture intellectuelle qui permette de produire un minimum.
Je réalise qu'un prêtre, qui n'a pourtant pas fait vœu de pauvreté, ne vit pas forcément ce conseil évangélique du point de vue matériel : j'ai une voiture toute neuve, un ordinateur tout neuf (il a bien fallu les remplacer, mais j'ai pu le faire !), j'ai un traitement qui me met largement à l'abri de la misère... mais mon temps est haché, tout le temps bousculé, mon emploi du temps est chargé, à des horaires qui ne sont pas précisément ceux d'un salarié lambda, ou même d'un cadre. Le prêtre en paroisse est pauvre de son temps... et c'est très bien !
Quant à lire... après onze ans d'études, de lectures nombreuses, je lis fort peu cette année. Le minimum, voire parfois moins.
Bref, j'écris peu, et cela ne me manque pas. Je l'ai toujours dit à qui voulait l'entendre : mon blog ne fait pas partie de la mission qui m'a été confiée. Aujourd'hui, pour le moment, il est même passé complètement à l'as, puisque j'écris actuellement rarement mes homélies, qui en étaient quasiment le seul matériau.

Prêtre, heureux de l'être. Blogueur, décidément, pour le moment, non.