Si tes chutes te troublent et te rendent triste, si elles te portent à une espèce de désespoir de ne plus pouvoir avancer et faire le bien, c'est un signe certain que ta confiance était en toi-même et non en Dieu. Et, si cette tristesse et ce désespoir sont grands, c'est que tu te confiais beaucoup en toi et peu en Dieu. En effet, celui qui se défie beaucoup de lui-même et se confie en Dieu ne s'étonne pas de ses chutes, ni n'en éprouve d'amertume, car il sait que cela vient de sa faiblesse et de son peu de confiance en Dieu.
Mieux encore, plus il se défie de lui-même, plus il met d'humilité à se confier en Dieu. Détestant par-dessus tout le défaut et les passions désordonnées qui l'ont fait tomber, sa douleur d'avoir offensé Dieu étant grande, mais tranquille et pacifique, c'est avec d'autant plus d'énergie et de détermination qu'il entreprend de poursuivre ses ennemis jusqu'à la mort.

Texte tiré de Magnificat n°232, mars 2012, aux pages 110-111.