C'est une période, qui commence début novembre, de mercantilisme déchaîné doublé de décorations de rues qui, d'années en années, sont de plus en plus clinquantes et de mauvais goût, en même temps qu'elles s'éloignent à grande vitesse des origines chrétiennes de la solennité de la Nativité du Christ. Et j'ai toujours détesté positivement le Père Noël (et non, je ne m'en confesse pas : le Père Noël n'existe pas, c'est un faux concept. Qui pue l'anti-Noël, de surcroît).
Mais c'est possible que ce ne soit pas une bonne raison.

J'adore la nuit, et pourtant cette période sombre me tape sur le système. En conséquence, je suis toujours malade fin décembre. Cette année, j'ai démarré quelque chose qui ressemble à une bonne grippe dans la nuit de Noël.
Mais c'est possible que ce ne soit pas une bonne raison.

L'Avent est trop court, 4 semaines, ça laisse à peine le temps de commencer à réaliser qu'on est en violet tous les jours, et ce que ça devrait impliquer pour nous (pénitence, tout ça...) ; on arrive à Noël, on n'a rien vu venir.
Mais c'est possible que ce ne soit pas une bonne raison.

Noël, c'est un petit bout d'homme dont je crois qu'il est Dieu-avec-nous, Dieu-Amour-qui-vient-se-faire-l'un-de-nous-pour-nous-faire-un-avec-lui (je me demande quel prénom ça ferait, en hébreu... Tigreek ?).
Noël, c'est un cadeau inouï, imprévisible (et pourtant ça fait 2000 ans qu'on le fête, d'une manière ou d'une autre, mais on ne s'y fait pas), quasiment irrecevable tellement il est beau, et d'ailleurs on le reçoit à nouveau, comme tout neuf, l'année d'après, et on n'a pas consommé le cadeau de l'année précédente, alors que c'est le même.
Noël, c'est aussi les cadeaux qu'on pourrait donner en retour (soigneusement préparés pendant l'Avent... normalement), qu'on pourrait venir offrir au divin bout d'chou avec les Mages, genre or, encens et myrrhe, tout ça. Mais manque de pot, nos cadeaux, ils sont souvent bien moches, mal emballés, et sans grande valeur, et on n'ose pas les offrir. Alors même qu'on sait bien que c'est le fait même de les offrir qui compte pour l'Enfant et son Père... et aussi pour sa Mère. Mais on n'ose pas.
Saleté de Noël. Des cadeaux reçus qu'on sait bien ne pas mériter et qu'on aurait tant aimé mériter. Des cadeaux pas donnés et qu'on aurait tant aimé donner, mais on ne peut pas, soit parce qu'on ne les a pas, soit parce qu'on aimerait tellement faire plus. Une fête de l'humilité et du don de soi, alors que je suis tellement orgueilleux et plein de moi-même.
Bientôt 30 ans que ça dure, et quelque chose comme 15 ans que je n'arrive pas à m'y faire. Je n'aime pas Noël.

Mais c'est possible que ce ne soit pas pour les bonnes raisons.